La vigie

Il a sonné 10, c’est le guet de la ville, il a sonné 10,
J’entends ta voix à nouveau, et elle vient de demain,
Quand j’ai la tête tout entière bouffée par l’insomnie.

Tu dors dans ton misérable lit de terre près de trop loin,
Chacun rangé dans sa tristesse, et je gis dans le mien,
Demain je m’indignerai assis sur la chaise rempaillée qui existe.

Les yeux au plafond, je pense aux sacrifices anciens,
Les libations et les crémations que l’on croyait destructions de choses
Quand elles étaient des dissipations d’ordre,

Quand elles étaient le rappel de la perte engendrée par le temps,
Qu’on force devant soi par des manières.
Il n’y avait pas de voyelle à la fin de ton prénom,

Mais un h muet qui avait dû être prononcé de travers,
Par le dieu qui nous répand et qui nous brûle,
Par le dieu ancien qu’on dérange de notre joie.

On riait avec toi, rien n’était trop loin, je me souviens
Quand tu m’avais dit, je ne vais pas aboyer à chaque antisémite,
Je ne suis pas un chien de berger.

Crédit image : la guette de Lausanne

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