Le pain de la veille

Je retourne le pain pour qu’il ne fut pas suspect
Comme l’aurait fait ma mère, et sa mère avant elle,
Posant à son côté le sel dans sa salière,
Etanchant avec, nos superstitions plus antiques. 

J’en coupe trois tranches, usant d’un couteau
Que je range à neuf dans le tiroir. Et
Je mange ce pain de la veille, j’ignore celui du jour,
Voilà comment je suscite mon prochain dieu.

Je compte ce qui compte dans la liturgie du présent :
Mes souvenirs rassis, le pain du milieu, la chaleur mouillée
Du pain dans la bouche, l’absence en somme de surprise
Tant que j’ai foi dans le dieu récent que j’ai créé. 

Ainsi les prières sont faites à des reliefs sous la lampe,
Avec les ombres projetées dans la pièce
Des disparus et de leurs manières, veillant sur moi,
Citoyen romain de ce siècle entouré de lares.

Crédit image : Salvador Dali

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