Grand bien vous fasse

1977- Close Encounters of the Third Kind.jpg

J’ai sept ans quand Jacques Prévert meurt
Et j’échafaude au pied des micocouliers du préau
D’atteindre les fruits décharnés de l’automne.
Mon premier souvenir est une chanson de Julien Clerc
« Elle voulait qu’on l’appelle Venise »,
A l’époque je l’écoute quand elle passe à la radio.

Je connais quelqu’un qui dit « grand bien vous fasse »
Pour se débarrasser des gens qui l’ennuient.
Ce quelqu’un est devenu un ami de la famille.
La collection principale de ma lecture se nomme
« 1000 soleils » – mille écrit en chiffres, j’aurai bientôt des lunettes,
Mais pour l’heure je fais face à une intense lumière.

Un jour que j’ai accès à la lettre V dans la liste des volumes,
Venise apparaît en noir et blanc et j’y vois
Les touristes empruntés qui méditent devant des lions.
Les gondoliers me paraissent sans intérêt en effet,
Face aux animaux pétrifiés. J’ai dit pour la première fois
Grand bien vous fasse à celui qui voudrait
M’en convaincre autrement. J’ai sept ans,
Je ne sais pas encore que Prévert est mort.

Crédit image : 1977, Close Encounters of the Third Kind

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