Ainsi dans l’automne

Ainsi dans l’automne de ma vie jaune,
Penché sur le contenu imprécis d’une bière,
Le n du mois de Janvier, le t du mois de Juillet,
Quand les mois de l’année furent devenus des cimetières,
Je fis le compte des choses sans pitié.

D’un coté il y avait eu les rapidités de l’esprit, sanctionnées d’une liste
Et qui se transformèrent en carrière sans écueil ;
Puis par un autre concours de circonstance,
Le départ qui permit de nettoyer ses crimes
Aux grandes eaux du nouveau monde.

Mais je ne démontrais aucun théorème ; comme mes ancêtres,
Je fus un père de famille fournissant le clos et le couvert,
Exigeant l’effort, absent jusqu’à la fin de l’enfance.
Au chiffre quarante-cinq, j’ajoutais l’adultère commercial,
M’absolvant à l’unilatéral d’une vie insatisfaite.

Les véritables enterrements vinrent dans le désordre.
Un ami de vingt ans partit avant la cinquantaine.
Ma soeur fut perdue à quarante ans. Dix ans plus tard, son mari
Ajouta le geste de la ruine, laissant leurs trois enfants
Trouver seuls leur chemin depuis la porte d’une prison.

Les ruines étaient magnifiques et tenaient debout par inertie,
Dans la mansarde entraient les alliées nouvelles de la lignée.
C’était l’automne, et bientôt viendrait le temps des maléfices,
Je m’y sentais un peu triste. Pensant avoir rêvé trop longtemps,
Je n’imaginais plus surmonter ce qui viendrait.

Crédit image : Anders Zorn

Laisser un commentaire