La Chine, libérale.

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La Chine a besoin d’une croissance de 6% l’an pour absorber la montée en puissance de sa classe moyenne dont la manifestation la plus tangible réside dans l’exode rural.

Il y a fort à parier que le mouvement protectionniste enclenché sous Trump pour des raisons de commerce extérieur va trouver un nouvel élan pour des raisons de sécurité d’approvisionnement. Le coronavirus a prouvé en particulier qu’il est inacceptable de se retrouver dans une situation de dépendance vis à vis de la Chine conduisant notamment à des pénuries sanitaires.

Ce qui veut dire que la Chine devra, à un rythme plus soutenu que prévu et dans une conjoncture mondiale moins favorable, intensifier le développement de son marché intérieur. A ce sujet, une remarque.

La croissance de la demande intérieure dépend d’une montée en puissance du pouvoir d’achat Chinois qui sera poussé, du point de vue de la demande, par une hausse des salaires et une montée en puissance des compétences, et du point de vue de l’offre, par une expansion de l’offre de produits et services.

Etant donné le trou d’air actuel, pour stimuler la demande intérieure, il faudrait imaginer une intervention macroéconomique Chinoise, or la dette chinoise dépasse 300% du PIB, ce qui laisse peu de marges de manoeuvre quant à une politique de demande.

L’expansion de l’offre pose une question plus profonde. Les Chinois sont maintenant en position d’innover, ils le sont depuis une dizaine d’années. Mais cette innovation doit rester dans les frontières du contrat politique imposé par le pouvoir post-Tienanmen : prospérité économique contre limitation des droits individuels.

Ce qui signifie en clair que la Chine devait être innovante sans essayer de l’être trop ; aucune révolution culturelle similaire à celle vécue par l’occident dans les années soixante n’est envisageable en Chine. Or c’est précisément ce type de révolution qui aura renouvelé le consumérisme occidental. Et en retour celui ci a trouvé en Chine les moyens de sa satisfaction.

Nous entrons à mon avis dans une autre ère. Celle d’une déconnection entre la sphère du capitalisme libéral américain, formidable machine à faire naître les désirs, et consommateur de dernier recours de ces nouveaux désirs, et la sphère du capitalisme autoritaire chinois, adapté à la satisfaction des désirs de tiers mais interdit d’inventer les nouvelles manières d’être, et par conséquent réduit à la fonction de fournisseur de masse.

Tout se passe comme si la Chine avait pu se permettre de brider l’inventivité désirante puisque celle ci était sous-traitée aux Etats Unis. Dans un monde où la Chine se trouve dans la nécessité de trouver une croissance du coté de l’offre, elle va devoir exprimer plus clairement les désirs. En un mot, être libérale.

La Chine s’adaptera, elle le fait toujours mais je suis très curieux de voir comment le pouvoir va éviter de se sentir menacé.

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