Savez vous la chose suivante, la Révolution ?

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Savez vous la chose suivante : en 1789, les révolutionnaires attelés à l’écriture de la Constitution décident de mettre en place un mode d’élection des juges, des conseillers régionaux et des députés, dit scrutin censitaire, auquel ne sont conviés que les plus riches des citoyens ayant une occupation. L’argument est que le peuple est plus influençable que les élites, ces dernières étant considérées capables de s’élever au delà des intérêts particuliers du fait de leur richesse ! On votera de cette manière en France jusqu’à l’avènement de la Deuxième République.

En Novembre 1848, le scrutin universel est voté suite à la Révolution de Février 1848. Il s’étend à l’ensemble des classes sociales (du moins pour les hommes). En Mai 1849, au lendemain d’un épisode révolutionnaire extrêmement marqué à gauche, le peuple vote pour la première fois en France, soit environ 60 ans après la Révolution Française.
Le gouvernement, très chahuté, mettant la barre à gauche, a promis à la population “le droit au travail” et à cet effet a créé les ateliers nationaux, dont l’objet est d’absorber le chômage via l’intervention directe de l’Etat. En politique économique Française, on n’invente rien, on recycle et les noms s’adaptent, ici ateliers nationaux, là, emplois aidés, sociétés publiques, et fonctionnaires.

On s’attendrait à ce que la France vote massivement pour les députés les plus radicaux, portant les mesures sociales les plus avancées. Or que se passe-t-il ? Sur 9,4 millions d’inscrits, 7,8 millions de personnes votent, soit 80% de taux de participation. Sur 800 députés, 200 Républicains radicaux sont élus, et à peine 20 ouvriers sont envoyés à l’assemblée. Même à gauche, presque tous les élus sont des bourgeois.
En histoire, il est urgent de ne rien comparer : les faits suggèrent et ne concluent pas pour l’avenir. Mais quand on entend notre tonitruante extrême gauche se réclamer, de nos jours, de la mystique Révolutionnaire, nous sommes en droit de lui demander si elle comprend de quoi elle parle.

Car si elle chérissait les révolutionnaires de la Constituante, elle devrait admettre au moins deux choses, la première c’est qu’ils ne voulaient pas la mort du Roi, et la deuxième c’est que ces révolutionnaires trouveraient singulier l’anti-élitisme généralisé de notre époque. Et si l’extrême gauche se retrouvait avant tout dans la décapitation du Roi, qu’elle met en scène avec tant de complaisance aujourd’hui en brandissant l’effigie de Macron en haut d’une pique, elle devrait aussi accepter que cet épisode relève non pas du mouvement d’émancipation de 1789, mais plutôt de celui, fanatique, de la Terreur de 1793 et de son cortège de suppliciés.

Il s’agirait aussi de comprendre qu’à chaque fois que l’on demande au peuple Français de renverser la table, il le fait de la manière la plus bourgeoise possible. Il le fait d’autant plus volontiers qu’il retrouve un ordre dans lequel il considère que le pays puisse fonctionner. La France existe : elle veut persévérer dans son être.

Et donc pour finir si l’on se risque à ce qu’il ne faudrait pas faire – prévoir – on pourrait penser la chose suivante. Toute cette agitation animée par une cohorte d’ennemis du « système », de l’extrême gauche aux supplétifs de circonstance comme Juan Branco et consorts Russes, nous amènera un retour à l’ordre bourgeois, après son sinistre cortège de victimes, la face du théâtre ayant à peine changé.

Crédit image : Danton – Andrzej Wajda

 

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