La soif du moindre mal

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Toi qui me fait signe d’une toute petite lucarne
Avec ton bronzage de choix qui finissait sans doute
Par quatre-vingt dix neuf centimes,
Et puis toi qui porte un toast au soleil qui se couche
Sur trop d’images de ton profil qui se ressemblent
Et ressemblent à celles que « j’aimerais peut-être »,
Toi qui m’est présentée comme une suggestion
A l’endroit de tes vacances monétisées,
Toi qui n’est pas faite pour l’image arrêtée,
Et paraît stupide dès qu’elle bouge.

Et puis toi qui partage sans le vouloir le caractère angoissant
Des intérieurs de la classe moyenne américaine,
Toi qui est comme tout le monde et comme moi,
Une impasse, une manière de passer le temps.
Toi qui croit se poursuivre puisqu’il te faudra choisir,
Mais qui en fait se prend pour une autre et
Prend chacun pour soi même,
Toi, qui est remplaçable.

Toi qui prétend : il est temps, que tous prennent pitié,
J’ai vu tant de choses étranges,
Une telle définissait le bonheur par une piscine,
Celui qui vivrait mille ans était déjà né et serait sans cesse séduit,
Une telle mangeait la nourriture abandonnée par d’autres,
Et toi tu étais comme les autres, un moindre mal.

Crédit image : Fragonard

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