L’étranger

Je voudrais dire à la camarade de primaire que j’insultais un jour à Nimes en raison de sa race que je regrette ce que j’ai fait.

Si elle me lit, qu’elle sache que j’étais ignorant au lieu de méchant.

Qu’elle considère aussi que je rentrais ce jour là fier de ma stupidité et que l’ayant dévoilée d’abord à la femme qui s’occupait de nous en l’absence de nos parents, elle ne dit rien dans un sourire complice, contente d’avoir vu son rassurant racisme fleurir chez le fils de ses patrons ;

Mais qu’elle sache surtout que lorsque je me vantais au mari de ma mère, une claque sèche fit le départ entre la bêtise et la décence, me laissant la joue brûlante, stupéfait de la distance que j’avais en un instant parcourue grace à elle.

Je lui dis que ce souvenir est resté, et que c’est là ma punition ou mon apprentissage suivant le siècle d’où l’on parle et je suis sans espoir puisqu’il n’est pas de pardon possible sans plus la jamais connaître. Qu’elle sache cela.

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