Le chemin noir

Des cancéreux dans leur cancer
Où rien ne manque, voilà la difficulté principale,
La satiété des formes malades.
Comment être certain que la forme des nuages
Jusque celle que révèle le cyalitique
Soit dénuée de toute signification
Quand ceux qui ont la foi vous répètent
Que la coincidence est impossible
Et toujours avec la violence des convaincus.
Voilà comment vous arrivez à l’horloge
Prise dans le bois, par une courbe
Qui rejoint des lieux de bivouac. Voilà que
Tu feras ce que tu souhaiteras,
Et qu’on en aura cure puisque
Sais tu que les gens partiront quand même ;
Et une fois retirés les organes
Consacrés à la reproduction
Les forces littéraires de la postérité
T’apparaîtront comme elles sont :
Blanches et laiteuses
En face de l’habituelle médiocrité de
Tous ceux qui estiment qu’on leur doit
Des explications qu’ils puissent comprendre
A la têtée. Qu’ils suivent, comme tous,
Un chemin noir, qu’ils aient, comme nous,
Une horloge sise au mur,
Qu’ils soient, comme chacun,
Des animaux féroces à qui manquent les dents.

Crédit image : Anne Sculfort

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