Les grands assis

Christophe Blain.jpg

Sois heureuse ici puisque les dieux s’y lassent,
Tu as dans ton sac et depuis que tu es née
Une éponge destinée à effacer en entier l’horizon.
Car quelle serait la fonction d’un test auquel
Nous serions obligés d’échouer à l’unisson ;
Saches enfin comment tout le bien implacable
Ne laissera jamais qu’une immédiateté de bête de somme.

Et verse un peu plus ce verre, trinquons aux anciens magistères,
Trinquons à la morale qui nous regarde en béant.
Car nous ne saurons pas séparer l’espoir de la crainte,
Comme l’eau partagée de l’huile. Nous sommes bénis
Et oints d’une façon viscérale, enceints
De nos manières, et nos écrits et nos colères.

Saches donc combien est nécessaire de vivre
Une seule fois, une existence qui sépare l’humanité
De ceux qui nous abandonneront. Les grands assis,
Quand ils rêvent produisent des lois de vertu,
Mais on croira ce qu’on veut, très souvent
C’est l’homme qu’on retient dans ses choix de rompre,
Avec des idées d’impuissants face aux insoumises.

Crédit image : Christophe Blain

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