Ces fins possibles au loin

Heinrich Kûhn- -Mary Warner in Landscape-- 1900s.jpg

Je reviens de loin dormir sous mon toit troué
Et si j’ai déjà écrit ce poème c’est que je suis
Déjà passé ici.
Car je suis déjà passé par les imaginations de
Femmes mûres et
L’échange aurait été léonin si il n’y avait pas eu
La réciproque signature,
Mais j’ai écrit sur elle et elle a écrit sur moi
Des vers d’étrange facture.

Voici mon visage qui lui fait peur, voici mon seing d’effroi,
Voici le visage chafouin qui fait peur
A nos femmes blessées.
Dans le pays enceint, on geint on se plaint
Quand je tiens tout mon coeur dans ma main.
Je reviens de loin sous l’auvent en vain.
Et cette parenthèse sur mes épaules
Ce sont mes ailes, amis lointains, mes ailes
Qui me permettent de virer
Au dessus du labyrinthe qui circule serein
Sous la dalle du quartier Saint-Martin.

Je reviens de loin vers ce qui n’est plus, car
Ici, ce n’est plus chez moi ; là bas, j’appartiens.
J’appartiens à la somme et à la fêlure
Epuisant le passé à la cuillère,
A vider la mer de ma blessure, à retrouver le chemin
Vers la maison au toit fêlé.
Je te quitte, respire et te rejoins, je t’échappe,
Respire et t’appartiens, toujours ces jours au loin.
Il pleut enfin sous notre toit d’aventure,
Cette vie de fuite et cette vie de verre plein
Est remise à demain, jamais
Il n’y eu autant de fins possibles au loin.

Crédit image : Heinrich Kûhn, « Mary Warner in Landscape », 1900s

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