La mer de Babel

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C’est en voulant devenir libre qu’il se fut blessé
Et chaque rue de sa ville eut à porter son sanglot.
Ainsi en cette année choisit-il de quitter
De hauts et puissants marchands sous l’enseigne
Qui jusqu’alors firent son industrie quotidienne.

Les héritiers poursuivent un combat particulier et
N’ont de cesse de prouver leur existence au delà
Du cercle dans lequel les a enfermés leurs pères.
Il sentit comment il lui faudrait fuir cette divinité
Intime, c’était comme d’embrasser une tombe.

On lui proposa d’embaucher sur le vrac qui va
De Nantes à Saint Domingue, dans un ancien navire
Où l’on maudit les femmes. On eut peur qu’il ne chavire
Et après un grain sourd comme un sarcome,
De tous les hommes saouls, c’est ce qu’ils firent.

Dans le ventre de la baleine on parle une langue
Etrangère à celle des marins, elle s’apprend au gré
Du chagrin et par une sorte de braconnage permet
D’être à demi, le moi lacunaire qui accepte un
Carême disloqué. Il ouvrit une large gueule.

Crédit image : Allora & Calzadilla

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