L’ivrogne

p03dmgcr.jpg

Dans les époques saoules, on passe sa vie
A répondre à une question d’ivrogne :
J’ai mangé, j’ai pas mangé, je mangerai
Puis l’assiette est retournée, les premiers chiens
Retirent la nappe et on se bat dans la ville.

On se bat dans nos villes d’impuissance
Et tout ça car nous avons oublié comment
Evacuer nos ordures sans nous tromper de trou.
J’en ai assez d’excuser l’incivil ;
Le temps ronge la patience la plus servile.

On se bat dans nos villes, sous nos yeux
On se bat sur nos écrans, dans nos émissions,
On se bat dans nos théâtres, on revient
De loin pour se battre dans nos rues
Et c’est par appétit comme par dépit qu’on tue.

Chacun répond à la question d’ivrogne
Avec sa manière sale et unique
Avec sa fortune et nu comme une pauvre chose
A la fin la mendicité attend tous ces types
Et le rédacteur de ce texte à la manque.

Cessez de nous faire suer avec des idées
Qui ne tiennent pas debout depuis des siècles,
Avec vos dénonciations d’ivrognes
De coupables imaginaires, vous vous
Eloignez du sujet comme une pierre dans un puits.

Alors comme ça c’était lui le coupable
C’était lui le grand patron, le marionnettiste
Et c’était toujours le même, depuis
L’antiquité et le moyen-âge, depuis la peste
Et le cholera. Putain, sans déconner !

De raisonnement foireux en raisonnement foireux,
Où tout se vaut dans une fraction de sou
On en vient à dire le vrai sans le reconnaître.
Quand les plus fous sont les plus bavards,
L’ivrogne règne comme un dieu volatil.

Crédit image : Loganban

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s