L’impuissance et le rêve

Général Charles De Gaulle

Photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal. Le général de Gaulle au balcon de l’hôtel ville de Montréal, 24 juillet 1967Photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal.

Il y a dans le livre de Pierre Goldman, demi-frère voyou de Jean-Jacques et assassiné en 1979 sans doute par le SDECE, une phrase terrible que je cite de mémoire. Il parle du retour de De Gaulle d’Allemagne après 1968 et de comment il prononça un discours impitoyable, rappelant que les forces qu’il représentait étaient capables de « guerre et d’histoire », renvoyant ses adversaires à « l’impuissance et au rêve.”

L’épidémie qui nous afflige est moindre que la pandémie qui se produisit en 1957, et qui fit 100,000 morts pour la seule France, jeunes et vieux, arrachés d’une population un tiers inférieure ; à cette époque nous n’avions pas conscience des phénomènes de la même manière ; et peut-être aussi étions nous voisins plus intimes de l’histoire et de ses tragédies.

Mais voilà que nous nous sommes endormis à Athènes et que nous voulons nous réveiller à Sparte. On souhaitera vainement cette chose impossible, une autre reste accessible cependant, et toujours la même, celle qui consiste à dire la vérité.

Si nous avions été capables collectivement de mener mieux cette guerre – mais nous la menons de la façon qui reflète notre vertu -, nous aurions dit que les masques étaient nécessaires, qu’il n’y avait pas de querelle sur le sujet – et surtout pour éviter de transmettre la maladie. Puis nous aurions avoué que nous n’avions pas ces masques.

Nous aurions admis que les tests étaient nécessaires à la mise à l’écart sélective des populations touchées, puisque nous ne pouvons rien faire sans savoir. Puis nous aurions avoué que nous n’avions pas ces tests.

Et si nous avions avoué, aurions nous su quel était le cap, conscients de la taille de l’effort qu’il nous faudrait produire, effrayés sans doute, mais alors immédiatement capables de guerre et d’histoire. On ne sort de l’impuissance et du rêve que par l’admission de la distance qui nous sépare de la puissance et du réel.

Crédit image : Ville de Montréal

 

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