Le mauvais infini

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Vous qui à vingt ans n’avez trouvé de raison suffisante,
A cinquante vous piquez vous de décider d’un sens.
La plupart s’imaginent le rachat, et donc le salut
Par les voies actives de l’action personnelle. Et
Ceux dont les moyens le permettent versent
A l’appui de leurs nombreuses causes caritatives.

Qu’est ce qui les motive à la fin ?
Ils s’imaginent avoir touché le fond de leur désoeuvrement,
Et pouvoir changer tout d’un coup de talon.
Il faut sans cesse les prévenir,
Qu’ils cessent de chercher l’infini malsain
Aux années sans solstices.

Dans l’espèce, nous sommes d’une solidarité complète,
Dans le contentement, d’une absolue solitude.
Nous voulons vivre séparés mais ensemble ;
La mer comme un mur, le ciel comme un mur.
Le mauvais usage de l’infini,
Dont l’objet est de reconduire des positions héritées
Repose sur la mécanique d’aliénation :
Est rendu prisonnière
La décision de faire le Bien à des mailles arbitraires.

Je veux dire que nos pères construisirent avec rien
A la fois le labyrinthe et les ailes,
Donnant le conseil de n’approcher ni de la mer,
Ni du soleil et faisant de nous un premier étranger.
Rien n’arrête l’ennui de ne subir aucun réel danger,
Icare était fan de tunning, ainsi qu’un enthousiaste bricoleur.
Il n’attendait pas que l’on admire son vol,
Et il ne voulait pas faire le Bien, ni qu’on s’en souvienne.

Crédit image : Hayden Sherman

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