Ashbery au Divan

Le Divan - Robert Doisneau.jpeg

Il y a que John Ashbery est mort inaperçu il y a dix jours et qu’il a rejoint en frère Yves Bonnefoy, n’ayant eu que peu d’honneurs posthumes dans le flot continu d’information. L’époque n’est pas à la célébration du verbe inutile, et même à celle de l’inutile en général. Tout compte d’une certaine façon, jusqu’à la mathématique pure qui se trouve rattrapée d’applications. Et l’admiration de l’esprit aujourd’hui se double d’arrière pensées trébuchantes.

Il y a que j’avais connu il y a ving et un ans John Ashbery à Paris du fait de Renée, libraire du Divan, à l’époque située près de l’église Saint-Germain. Renée est morte il y a cinq ans, j’en ai parlé ici, le Divan a déménagé mais n’a pas fermé, mes morts comptent de cette façon. La première fois qu’elle évoquait John Ashbery, elle le disait gravement malade. Il l’était, il l’était comme nous tous.

Et à cette époque je le savais tout à fait. Il y avait une vie de plus qui s’annonçait et puis Sébastien Japrisot avait mis une phrase de la Passion des Femmes sur ce qu’il me fallait faire dans la confusion alentour. Les choses se sont trouvées plus simples et «tout ce que je puis dire, c’est qu’un matin de juillet, l’année dernière, après avoir reculé tant de fois au seuil de celle-ci, j’ai pensé soudain que ça commençait à bien faire et qu’il fallait que j’y aille, et j’y suis allé.».

Crédit image : Le Divan – Robert Doisneau

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