Voile

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La pitance laissée par les magiciens du culte à la virilité domestique semble ne jamais dégoûter les observateurs multiculturalistes. Il ne leur paraît pas scandaleux que l’on insiste pour que la femme soit modeste, des cheveux aux chevilles, et que dans les cas les plus extrêmes, elle doive cacher la source de sa voix, c’est à dire, porter le bâillon.

Cela me choque. Et je n’ai pas de sympathie non plus pour cette modestie quand elle couvre la tête des femmes juives de perruques, et qu’elle les sépare de moi dans la synagogue. Il se trouve que l’enjeu social de notre temps n’est pas dans la subjugation potentielle de six millions de femmes juives mais dans celle de cent fois plus de musulmanes.

Quand Elisabeth Badinter insiste sur le boycott de Dolce Gabana du fait de leur recherche de profit au mépris de la légitimation d’un outil d’oppression, elle a sans doute tort mais pour des raisons d’efficacité : H&M, et d’autres, se vautreront dans cette complaisance à leur place.

En revanche, si l’on argumente que la circonstance d’un Publicis en affaires avec le royaume d’Arabie Saoudite invalide le combat de Badinter contre l’oppression des femmes au joug des pères, là, c’est nous qui avons tort. Car il serait temps de grandir, et en particulier de tenir deux indignations en tête sans utiliser l’une pour décrédibiliser l’autre.

Oui la France choisit l’abandon poisseux quand elle attribue la légion d’honneur au prince d’un pays bourreau, non, Publicis ne se grandit pas quand il signe un contrat visant à redorer l’image de ce même royaume, et il y a une colère à opposer à ces facilités.

Mais ces turpitudes ne devraient pas affecter le principe de voir là où elle s’exerce, l’oppression insidieuse des femmes par des hommes justifiés dans leurs fantasmes culturels. En France la loi a tranché sur le fait d’aller visage découvert et c’est la moindre des choses. La question du voile de modestie n’est pas du même ordre et ne me semble pas relever de la loi.

Ayant dit cela, je préfère que les femmes aillent tête nue, ou bien couverte à leur guise et pour des raisons esthétiques, mais dans ce cas là qu’elles puissent aussi à leur réelle guise se découvrir. Et quand j’entends que la situation ne serait pas différente de celle qui voyait nos grands mères couvrir leur tête d’un fichu, je réponds que si on me laisse le choix, je choisis de construire un monde pour ma fille plutôt que ma grand-mère.

Crédit image : Raw

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