Les douze questions

FRANCE-ASIE-SEISME-CHIRAC-VOEUX

Depuis trois jours j’ai le cœur au bord des lèvres et je souhaite ici me permettre un modeste pas de coté, un de ceux qui ouvrent en tout cas à mes yeux une perspective.

Que s’est-il passé le 11 avril 1807 en France ? Il s’est produit que le Grand Sanhédrin, la cour suprême juive créée le 11 décembre 1806 et comprenant soixante et onze rabbins a répondu à douze questions sur injonction expresse de Napoléon Bonaparte. Ces questions les voici :

  • Est-il licite aux Juifs d’épouser plusieurs femmes ?
  • Le divorce est-il permis par la religion juive ? Le divorce est-il valable sans qu’il soit prononcé par les tribunaux et en vertu de lois contradictoires à celles du code français ?
  • Une Juive peut-elle se marier avec un Chrétien, et une Chrétienne avec un Juif ? ou la loi veut-elle que les Juifs ne se marient qu’entre eux ?
  • Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils leurs frères ou sont- ils des étrangers ?
  • Dans l’un et l’autre cas, quels sont les rapports que leur loi leur prescrit avec les Français qui ne sont pas de leur religion ?
  • Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l’obligation de la défendre ? Sont-ils obligés d’obéir aux lois et de suivre toutes les dispositions du Code civil ?
  • Qui nomme les rabbins ?
  • Quelle juridiction de police exercent les rabbins parmi les Juifs ? Quelle police judiciaire exercent-ils parmi eux ?
  • Ces formes d’élection, cette juridiction de police et judiciaire sont-elles voulues par leurs lois, ou seulement consacrées par l’usage ?
  • Est-il des professions que la loi des Juifs leur défende ?
  • La loi des Juifs leur défend-elle de faire l’usure à leurs frères ?
  • Leur défend-elle ou leur permet-elle de faire l’usure aux étrangers ?

Après de longs et douloureux débats, le Grand Sanhédrin répondit à toutes ces questions dans un sens qui satisfit l’Empereur et ouvrit une nouvelle phase d’intégration des juifs au sein de la population française.

L’histoire liste douze questions, mais il n’y en a véritablement qu’une seule dans l’esprit de Napoléon Bonaparte : Juifs de l’empire, acceptez vous la primauté du pouvoir séculaire sur vos croyances ?

Les temps ont changé mais tout n’a pas changé avec le temps. Depuis qu’elle existe, la République pose cette question à chacun. Elle la pose à nouveau aux juifs pratiquants qui passent des examens les jours pieux, elle la pose aux catholiques orthodoxes qui paient leurs impôts afin que puissent être célébrés des mariages homosexuels, elle la pose aux musulmans qui doivent accepter les représentations sacrilèges du prophète.

De chacun elle attend une réponse à voix haute, de chacun elle attend une réponse positive, de chacun elle attend une réponse renouvelée.

Je dois à Arié Flack, un ami cher, la référence aux douze questions mentionnées ci-dessus.

Source image : Le Figaro – drapeaux en berne à l’Elysée suite à l’assassinat de douze personnes lors de l’attentat du 7 janvier 2015

La référence aux douze questions serait incomplète sans se souvenir aussi d’une histoire plus ancienne. Voici (5/4/2016)

Des politiques Français qui se croient savants, repris à l’envi par quelques malins ou incultes d’extrême-gauche, insistent sur un caractère extrême de la laïcité. 

Au fond de leur argument se trouve l’idée que l’on aurait pas traité à égalité le christianisme en France (ni d’ailleurs à titre accessoire, le judaïsme). Voyez vous c’est ignorer un peu de quoi l’on parle et faire commencer l’histoire de l’Etat au gré de son idéologie. 

Le Cardinal Richelieu fit le premier acte d’établissement de la primauté de l’Etat sur la chrétienté du jour. Il le fit via la soumission politique et militaire des protestants lors du siège de la Rochelle. Et il le fit aussi à l’endroit des catholiques en s’opposant au royaume d’Espagne et plus généralement en affaiblissant les Habsbourg. En d’autres termes, l’Etat moderne en France fut créé en opposition à la présence politique du fait religieux, chrétien en l’occurrence. 

Certes nous sommes encore très loin de la laïcité révolutionnaire ainsi que de celle du XXème siècle, il en faudra avant de laisser aux hommes le choix de leurs clercs. Et pourtant le XVIIème siècle fut celui de la première séparation entre le pouvoir et l’église, au détriment de la seconde. 

Louis XIV s’affranchira encore un peu plus de la tutelle cléricale et la chose donnera lieu à la déclaration des quatre articles de Bossuet. Quand le roi Soleil meurt, il ne rend pas grâce à Dieu ni à ses saints, mais à l’Etat. Il expire par ces mots : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours. »

On dira ce que l’on veut de la laïcité et laissera les prestidigitateurs actuels faire passer leur complaisance ignare pour une sagesse, ils sont très loin de comprendre comment la France se peupla, de haute lutte et depuis longtemps, d’esprits libres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Déclaration_des_Quatre_articles

 

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