Lauriers

Le laurier apparaît en premier
Par l’industrie de ma mère et sa voix
Elargissant de son spectre
Ma stature d’enfant
Devant une nourriture céleste.
Je veux dire : la cuisine était minuscule
La cuisine était fastueuse,
Le festin était tardif et devait me suivre :
Je n’ai jamais manqué de rien.
Après cette épiphanie
Je le retrouve dans les versions
Confites d’une langue morte,
Mais rien n’égale plus
L’insistance de sa main devant ma bouche
– Elle me couronnait d’un peu trop court -.
L’odeur antique qu’elle voulait transmettre,
Le message des dieux,
Celui qu’elle voulait pour roi,
Tout entiers résumés
En une botanique latine.
Dans l’auberge
Qui ouvre au temps pour m’accueillir
Je remercie le serveur
En pensant à elle.
Puis je fixe l’assiette en rêvant alors que
Se brise nette la pierre des ans
Sous le laurier saxifrage du plat.

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