
Regardez la guerre, maintenant les voix disent
Qu’on nous aurait donné un Etat par charité ;
Ce qu’un comité a fait, il peut le défaire.
Mais c’est par culpabilité plutôt, chacun sait,
Et l’existence du pays rappelle sans cesse la faute.
On comprend mieux le soupir de soulagement devant
Les imperfections des habitants qui vivent
L’arme au poing, et laissèrent dans la bataille
Les salauds de l’arrière garde brûler les oliviers,
Et humilier les villages anciens.
Mais aussi qui sont ces dieux de la société des nations
Qui recomptent leur monnaie ?
Et pourquoi ces fonctionnaires aux guichets
Pensent-ils être plus légitimes du fait de leurs rois
Enterrés dans des basiliques dont ils se fichent ?
Considérez votre pays, regardez la guerre,
Et le retour au calme inconfortable.
Votre compassion est la révolte des cancres,
Celle des singes de l’intellect ayant fait
Tant d’études pour ne rien savoir et tout envier.
Crédit image : inconnu