
Enfin l’Europe existe-t-elle et dépêche sa soldatesque au Groenland, enhardie au point d’inviter les Etats Unis à participer aux manoeuvres. Il était grand temps que Jeanne d’Arc vienne bouter les nouveaux Anglois, sous l’arc pointe le flingue.
On dira que le contingent est maigre. On gardera donc en tête le mot de Churchill pour qui l’Europe durant la guerre froide n’avait besoin que d’un seul soldat américain pour la protéger contre l’ogre soviétique, « mort si possible » avait-il précisé. Voici le même fil tendu que les américains hésiteront à rompre.
Mais l’important est ailleurs – les américains n’allaient pas tirer sur des soldats de l’OTAN, et ne parlons pas du burlesque de l’inverse.
Donald Trump ne fait pas d’erreur sur le caractère stratégique du Groenland et, si il ne peut en avoir la propriété, il ne veut pas non plus être le seul en Occident à avoir raison. Par son geste, l’Europe prend la responsabilité du territoire.
Elle devra donc le défendre autant contre les visées de la Russie ou la Chine. Ce qui veut dire aussi qu’elle dispose des moyens de négocier avec les Etats Unis, ou d’autres : droits de passage, droits de forage, droits de surveillance.
Cette Pentecôte stratégique descend, à contre gré, sur vingt sept pays mis en rond, ayant trop longtemps tourné le dos à un monde réarmé.
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