Les grands cercles du ciel

Voici encore l’impossible pays qui ne peut s’empêcher de gonfler
Chaque ballon jusqu’à sa rupture,
Voici le mouvement même qui se brise sur sa démesure.
Il n’y a pas d’un coté les meurtres, et de l’autre l’industrie,
Pas d’un coté la chasse, et de l’autre la grâce.
Une voix y rappelle qu’on est sauvé si l’on est riche ou célèbre.

A intervalles, le peuple part se battre au bout du monde,
Pour des idées oubliées en leur destination.
De grands enfants naifs décèdent les yeux ouverts,
Et des hommes bernés attendent leur libération,
Revenus dans leurs villes perdues aux noms européens.

D’abord ce furent des carrioles, d’abord ce furent des trains
Qui transportaient le pétrole et le grain,
D’abord ce furent des fils qui portaient la voix,
Puis les trusts impalpables et toujours le droit.
Mais avant toute chose, ce fut le cheptel avant le capital,
Ce fut le cheptel incessant et prêt à subir.

Citoyens des grands cercles du ciel posés sur les plaines,
Citoyens plongés en une immense vérité obscure,
Qui presque seuls sentez en vous l’envie d’être vivant,
Vous répétez au monde qui vous jalouse
Comment garder espoir malgré la petite place.

Je suis des vôtres maintenant, par le passeport,
Et ne puis m’empêcher de croire au futur.
La mer est traversée à pied sec,
L’errance sur terre a commencé
Quand l’Etat a formulé sa menace.

Crédit image : inconnu

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