Allons donc, je meurs sujet polonais de l’Empire russe
Tirant carriole au son équestre du bouteillon
Jusqu’à un sous-bois, un cimetière couvert de mousse
Dire que j’imaginais d’abord les barrières de sel
Qu’on passerait cordés à travers les grains et les bouillons
Des idiots ! – voilà c’est dit – courant devancer l’appel
J’aurais aimé vivre les mélancolies de la Marine
Mais j’aimais aussi un peu trop trainer avec les cons
Et mon équipage s’est joué à une bouteille de fine
Dans cette guerre qu’on dit à la taille du monde
Je meurs à l’Est mais j’aurais pu aussi bon
Le faire aux autres coins livides de la mappemonde
Je saigne au fond comme mon coeur demeure
Futile et guerrier, adressant au ciel des poèmes abscons
A celles qui viendront des siècles y cueillir les fleurs.
Crédit image : Glory Owl
