Je vois venir dans le pays des prostituées aux accents de métropole
Lorsqu’elles arrivent aux douanes, la maréchaussée les racole
Sans exiger le détail ni la mise.
Elles disent car vous savez bien ce qu’elles disent
Elles disent ne nous jugez pas avec la sévérité de la rue
Nous serons mères, nous restons filles et pour l’heure nous sommes nues.
Nous naviguons un fleuve où il est impossible d’échanger l’or
Avec autre que son sac : on croit l’échange souverain
Mais c’est le sacre du troc pour chaque petit suzerain.
Je vois venir dans le pays des prostituées aux accents de métropole
Collecter dans la manufacture quotidienne les oboles
Alors que passent les braves gens sous leurs banderoles.
On prétendra qu’elles débauchent et on aura tort
Autant vouloir nier aux cartes l’existence du sort.
Elles naviguent entre les rives d’où la vérité embarque
Et parfois de cette métaphore elles choisissent pour nous d’en porter la marque.
Crédit image : Vice Magazine – Dans la baignoire avec Stoya
