Latifa Ibn Ziaten

7e061a16709a0173c56ee2c238aa8dbf

C’est une femme un peu admirable 
Qui réalise à sa façon une prophétie
Car elle a cessé d’hésiter quand
Elle sort de son cartable la photo jaunie
D’un de ses fils. Et comment il est mort
Compte à peine, elle est ici pour jeter
Des filins à la traine car il importe au capitaine
De remonter à son bord chaque marin.
J’avoue avoir cru qu’elle inversait
Un noeud coulant noué dans l’après guerre,
Celui de l’absence du fils à l’enterrement
De son père, et qui laisse tout à fait
Vibrante de colère Latifa Ibn Ziaten.
Avec ses compagnons de route,
Qui l’auraient reconnue au premier sang,
Il n’est pas indifférent qu’elle vienne
Du Maghreb, ni qu’elle prie un dieu
Devenu accessoire à sa parole, ni qu’elle
Insiste sur l’espace qui peut être 
Rétréci par le soleil mauvais de l’excuse
Ou bien ouvert en grand par le regard des lois. 
Je sais qu’elle avance à pas minuscules
Mais j’ai l’impression qu’elle gravit, 
Et derrière elle, qu’une herbe reverdit. 
On dira qu’elle le fait pour elle, et 
Pour cesser d’être seule, je dirais qu’elle
Se tenait aux cotés de son fils quand il fut 
Exécuté, et qu’elle eu le choix du soleil ou 
De l’océan. Mais elle a su mieux faire, et
Son rocher s’appelle d’une occurrence sincère,

En arabe selon et en France toujours, République. 

Crédit image : Latifa Ibn Ziaten

Laisser un commentaire