Hussards

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J’ai bu debout à l’alarme qui brisa presque ma coupe,
Il vient de loin que la peur se résolve en édifices.
Les voyageurs peu habitués de ces nouvelles routes
Virent en premier les pyramides, de pierre les volubilis.
Je ne vois pas que nous ayons changé
La moindre balle lancée nous fait crier « j’ai » !
Le monument nouveau est un cubique d’amalgame
Dont la viscosité sinueuse pègue jusqu’à l’âme.
J’ai grandi sans trop m’en rendre compte
Au milieu d’une populace clairvoyante
Qui savait en lieu d’épée manier la gaffe
Pour tenir à distance ces religieuses soifs.
Depuis, l’objet de mes contemporains a grandi
Il a pris une place à l’horizon, je l’ai déjà dit ;
Il infecte tout à fait la pièce comme le mouchoir
De Desdemone dans ce magnifique mouroir.
Jacques Ellul prétend que le sacré souvent est vaincu
Et le vainqueur prend sa place toute honte bue.
Si je lève mon verre c’est à l’absence laïque
Pour qu’elle remplace le sacré par le politique.
Peu m’importe qu’il soit vivant ou qu’il soit mort

Il suffit que Dieu ne puisse me porter tort.

Crédit image : école normale d’instituteurs

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