Le grand désoeuvrement

Francisco Goya - Old Man on a Swing, Bordeaux

Descendre ici c’est rencontrer l’ennui au pied des barres
Auquel répondent à l’octave les cadavres au pied des bureaux.
Il y a entre nous des usines involontaires créant leurs cauchemars
Et ceux qui les ignorent et crachent leurs idéaux
Valent tout à fait les nouveaux vandales.
Je n’excuse rien, ni ne donne prix aux travaux.
Une tâche considérable attend ses lointains héros ;
Je sais aussi qu’ils auront passé jeunesse en scandale
Et je reconnais avoir cherché les coupables
J’aurais dû être plus sage.
Est-ce par ennui que j’ai brulé de ce feu lent,
Ai-je pêché de n’avoir pas assez montré mon visage ?
Une boite s’est ouverte dont s’est échappée la bête
Et je pleure d’en vouloir deviner les intentions
En examinant la cage. Je prétends
Qu’elle a une intention propre et que c’est dent contre dent.
Il est vrai que les barreaux sur l’échelle s’espacent
D’une génération de chien à chaque cran,
Qu’il faille une force d’airain pour en gravir l’empan,
Mais pourtant à un moment existe l’esprit, il survient
Sauf à ce qu’on lui donne prétexte.
Les gens ont cessé ici de mourir de faim
Leur nourriture n’est pas meilleure pour autant.
A tout moment il faut choisir ce que l’on respecte,

Pour une foule trop grande, l’ennui a rendu la vie suspecte.

Crédit image : Francisco Goya – Old Man on a Swing, Bordeaux Album II, H, 58, 1824–28Black crayon on laid paper

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