On vous aime bien au village

10931400_10152984872988416_6430464094047585527_n

On reconnaît une époque aux termes qu’elle aura choisi d’opposer. Deux jours après la marche républicaine devons nous subir un questionnement surprenant : d’où vient que Charlie soit libre de tout dire alors que Dieudonné ne puisse parler à sa guise ?

Il serait possible de boucher cette trompette de tant de manières qu’on a le droit d’en être las. Je prends une sourdine au hasard : le blasphème n’est pas un délit au contraire de l’apologie du terrorisme. J’en prends une autre : qui est le plus libre entre celui qui repose au tombeau et celui qui bave à l’écran ?

Laissez moi cependant faire un point d’une autre nature. Le débat sur la licéité de l’expression des uns des autres, quoi qu’en dise le public criard, ne se règle pas dans la rue ni à travers la fenêtre exiguë d’un mur Facebook.

Je prétends que le législateur aura souhaité que certaines différences d’avis ne se tranchent pas au couteau mais qu’elles puissent faire l’objet d’un procès. Car c’est dans les tribunaux que s’élabore parfois la République quand elle traite d’idées.

Je vais le dire différemment : il n’y a pas d’écart de traitement entre celui de Charlie Hebdo et de Dieudonné ; les deux durent s’expliquer devant un juge et, pour le dernier bouffon triste, il le fera à nouveau et bientôt.

Il serait temps de reconnaître que cette liberté d’en appeler au droit est la première des égalités en France avant de crier au loup des poids et des mesures.

Crédit image : The Theorie of the Deep Understanding of Things

Laisser un commentaire