Un prophète

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J’attends de vivre de vertu à la première bartavelle

Et la France, cette impossible douleur, de loin envoie ses émissaires.

Le navire ne fut jamais conçu pour la fonte des glaces,

Chacun le sait trop exigu à fendre le déluge.

En lieu la colère coagule les rues et fige ses janissaires,

On a tué de telles façons et avec tel entrain.

J’écoute chacun, je tends la main mais je pars.

Que la France revienne du sacre et recompte patiente,

– Voyons comment j’ai pu être trompé,

Attendons que je trouve innocent le silence.-

Les livres qui s’écrivent sont abjects,

Les lecteurs qui les lisent sont confus, l’époque est à la guerre.

Nous mourrons un par un de ne nous demander rien.

Rien, restez dans votre coin, rien, vous êtes innocents

Mais qui se réveillera le premier, du prophète qui dort

De la victime assassine, du témoin trop patient ?

 

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