Marine amoureuse

Philip Plisson

Les marins accostés à l’histoire embarquaient impatients
Arquant de leur mémoire l’ensemble des haubans
Bientôt la brise nautique exagérait la brièveté de l’esquif

Les femmes à terre savaient dans leur coeur qui reviendrait vif

En mer parfois le silence cache une générosité méritoire
Nous avons tellement élaboré nos indifférences électroniques
Qu’il n’est même plus évident que la pêche soit libératoire

L’ordre de l’orage est la seule frayeur authentique 

Dans ce voyage autour de notre subsistance, fait de départs,
Depuis un port impossible à considérer comme retour
Accoudé au bastingage j’ai savouré un instant l’espoir 

Des bancs de poissons volants au ras du miroir d’Icare 

Une conversation amoureuse ressemble à l’écueil immobile
Dont les arêtes affleurent très loin d’un rivage paradoxal
Il n’y pas de barrière, mile après mile, chaque marin est fragile

Malgré le soin qu’il puisse procurer à son arsenal

Crédit image : Philip Plisson

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