Les sanctifiés

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En Juin, je tiens pour définitive
La représentation d’hommes
En costumes sévères, penchés
Sur la photographie d’une
Classe de sixième
Cerclant au crayon rouge

Le visage de certains.

Au fond du jardin, déployée
Comme le linge au vent dominant
La vérité sèche vingt-ans
Après les faits :
Il y a près de chez toi,
Un chemin qui mène à la source
D’où reviennent en musardant

Deux enfants de douze ans,

Celui qui parle avec ta voix,
Suivi d’un chien dont la
Couleur de l’année
Change à chaque pas.
Comme par exemple, celle
Des saints de la photo

De classe.

Il a existé un monde
Où tu te cachais quand
Te cherchait ta mère.
C’était, je le comprends,
Le seul jeu envisageable, et dans
L’épaisseur de l’été, toi comme moi
Prenions le risque

De n’être jamais dévoilés.

Nous prenions aussi
Tous les risques pour vider
De nos poches les ornements
Autrement dit, les cailloux écrus
De la trace. Nous attendaient
L’age adulte et les risques

A mesurer.

Impassibles alors que nous passions
Le territoire aride, un cartable au dos,
Suivant une trajectoire
Balistique, perturbée par la
Stochastique d’humiliations
De l’histoire, et nous retrouvions
A prendre le pari de Lot

Dans un jardin de province.

Car il n’est pas raisonnable
D’ignorer ce qui reste après
Que le temps ait vidé sa boite

Comme il le fait sans ménagement,

Car il n’est pas possible d’ignorer
Ce dont tu te souviens
Aujourd’hui et ici du chemin qui
Menait jusqu’à nous
En ce jardin.

 

 

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