Les vendanges

Image

Elles sont aveugles, couvertes du masque bleu des voyageuses
Qui ne se porte que sur les yeux
Et laisse le visage offert.

Elles attendent dans les voitures qui les ramènent au bercail
Les cuisses ouvertes, elles aiment en fait tout ce qui relève
De la science des jupes froides.

Leur arrivée est monotone, un jour elles sont à l’heure et baissent le masque,
Regardent dans les yeux de l’interlocuteur,
Le pétrifient.

Le chemin qui les y mènent n’est qu’une pente parmi les fossiles,
Car elles apprécient le passé lointain de l’histoire
(celui pour ainsi dire des vivants de l’histoire) .

Au paragraphe suivant, quand on les croise,
Elles annoncent l’arrivée du sujet,
Celui qui saute dans les tonneaux de pourpre.

Personne n’est empêché de rire,
Et cela vaut Excuse du jeu.
La lumière des Septembres où marche la foule à l’unisson,
En file indienne,
En retard venant de la vague ville,
Là, elles ne craignent rien:
Le chemin s’achève quand elles le décident.

Elle sont une sorte de vengeance
Qui s’exprime par la vigne et le vent.
Et elles disent à la montée du crépuscule,
Qu’il n’est pas sain que l’homme soit sobre.

Laisser un commentaire