Je n’aime pas Marc Edouard Nabe et je considère son style comme ampoulé, grevé d’un désir jamais assouvi d’être l’égal de celui de Céline ; mais si l’annonce qu’il a faite sur son site était suivie d’effet, je serais prêt à reconnaître à coté du Régal des Vermines, le texte de sa renaissance annoncée et à lui attribuer bien volontiers une vocation antiseptique contre l’esprit fâcheux de l’époque.
Cette conversion de Damas – étant donné le labyrinthe dans lequel s’est perdu Marc Edouard Nabe, elle ne serait rien de moins que mystique – consisterait en un exemple assez rare, mais très réel, d’une rédemption « sur la pointe de l’épingle ». Et pour être plus précis, de celles qui prennent parfois celui qui, ayant plongé dans le courant violent du délire paranoïaque (consistant à ne plus rien croire, ni du vrai ni du faux), revient par l’appui de ses seuls doutes, et avec une force renouvelée, confirmer les dires de ses contemporains restés sur la rive, les nourrissant de son exil.
Il est un autre exemple notable pour ceux qui eurent le triste privilège de lire Faurisson – j’en fais partie -. Jean-Claude Pressac, un pharmacien qui s’était intéressé à l’histoire des chambres à gaz commença son étude sous l’égide du révisionniste. Du fait d’une certaine honnêteté d’esprit, il en vint à rompre avec Faurisson au cours des années 80, produisant alors un livre précis, presque clinique, dont la valeur scientifique fut reconnue par l’ensemble des historiens. Il participa et de belle manière au renvoi au néant de l’école révisionniste, dont des gens comme Dieudonné cherchent régulièrement à l’extraire.