Campagne

J’ai là l’image sépia d’un fantassin

Penché sur son cahier dans la cohue

Orientale d’un bataillon en campagne

 

J’ai là une déclaration d’amour perdue

Comme du sel renversé sur une tâche de vin

Au banquet estival d’une noce de campagne

 

J’ai là le désespoir muet d’un piètre saint

Par le col dépassé de l’effroi traîne-misère

D’un abandon soudain : Orphée en rase campagne

 

J’ai là l’impossible verdict épistolaire

Du diagnostic funeste avouant d’un sang

Le désespoir du médecin de campagne

 

J’ai là un seul chiffre d’appel circulaire

En son usage qui résonne maintenant

Dans le plan vide d’une maison de campagne

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