68 morts à Nairobi et le décompte n’est pas fini, puissent les forces Kenyanes et Israéliennes mettre au fin au carnage aussi vite que possible.
La presse persiste à les appeler des « shebabs », autrement dit des « jeunes », elle participe de ce fait à la tragédie en nommant mal les choses. A l’instar de Merah, il s’agit surtout de psychopathes, leur dérangement consiste à résoudre la violence symbolique de leur existence par l’application sanguinaire d’une idéologie simpliste et totalitaire. Ces « jeunes » sont des fascistes qui trient les musulmans dans la foule humaine afin de justifier leurs meurtres par la pureté de leur choix.
Ils agissent au nom de l’Islam, en particulier du Jihad, et de la défense de populations musulmanes prétendument opprimées. Sur ce point, ma thèse est toujours la même, les musulmans, surtout en Occident, sont en quasi exclusivité des hommes et des femmes qui aspirent à la vie la plus banale qui soit, celle qui est offerte par les régimes nationaux auxquels ils participent, il est temps qu’ils descendent dans la rue pour retirer aux « shebabs » le droit de parler en leur nom.
Mais il y a plus, et sans doute faut-il comprendre que le logiciel de l’Islam, le message religieux, nécessite une critique interne radicale. Des concepts sans valeur intellectuelle mais très présents dans le Coran et ses commentaires, tels que la dichotomie entre le monde de la guerre et celui de l’Islam, la fitna (la peur d’une scission de l’ouma qui aille encore au delà des chiites et sunnites) et le jihad, doivent être déconstruits systématiquement par les Imams. Il est temps que de tels concepts vides cessent de fournir une justification à la violence d’une poignée de dérangés, ou pire, d’induire le basculement dans la psychose de personnes fragiles.
Nous sommes arrivés à un point ou le monde est en droit d’exiger des clercs musulmans la mise en œuvre d’une réforme similaire à celle qu’a vécue le Christianisme lors de son retrait du pouvoir séculaire. Le Coran ne peut plus faire office de Marteau des Sorcières pour une fraction agissante de la population musulmane.